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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 14:09

Intentions / Objectifs : Comme les trois années précédentes, ce projet s’inscrit dans la volonté affirmée de faire de la classe ATS (Classe Préparatoire aux Grandes Ecoles ouverte aux détenteurs d'un BTS ou d'un DUT, donc Bac + 3) une classe ouverte sur la vie culturelle locale. Il permet d’élargir la culture générale des étudiants, ce à quoi nombre d’écoles d’ingénieurs sont très sensibles.

   Cette année, la Russie est à l'honneur...

Programme

1) Oblomov, librement adapté du roman de Ivan Gontcharov. Conception et mise en scène de Dorian Rossel.

   Oblomov, anti-héros russe, refuse tout et s’enferme dans sa chambre. Incapable de prendre des décisions ou d’effectuer la moindre action importante. Nonchalant, paresseux, fataliste.
   Mais Oblomov n’est pas un adolescent contemporain, Oblomov est le héros d’un roman de 1859, l’une des figures mythiques de la littérature russe. Aristocrate oisif, il est, dans la culture slave, le prototype de l’homme paresseux et médiocre, qui a renoncé à ses ambitions pour une léthargie rêveuse.
   Un siècle et demi plus tard, cette figure est-elle encore d’actualité ? On pense alors à ces jeunes Japonais qui vivent reclus et que l’on appelle les « hikikomori ». Combien d’Oblomov, autour de nous, qui cultivent la flânerie, la résistance passive ou la dépression pour échapper aux luttes de pouvoir ? Ce droit à la paresse révèle un profond mal-être dans une société sans sens.
  Si Oblomov n’a plus de force, avec cette nouvelle adaptation les acteurs vont nous donner un coup de fouet !

   Une pièce qui rejoint évidemment le thème du programme annuel, le temps vécu : la paresse n’est-elle pas une manière de vivre le temps ??

Mercredi 5 février à 19h30 / Grande salle de la Comédie

Durée : environ 2h

 2) Les Enfants du soleil, d’après Maxime Gorki. Adaptation et mise en scène de Mikaël Serre.

Un monde malade. Une élite impuissante à développer une voie alternative. Un grand classique de la littérature russe, adapté par un artiste d’aujourd’hui. L’auteur situe sa pièce en 1862, durant l’épidémie de choléra, l’une des plus mortelles qu’ait connue la Russie. Dans la maison du scientifique Protassov et de son épouse Elena vivent l’artiste Vaguine qui est amoureux d’Elena, la riche veuve Mélania qui à son tour aime Protassov, et le vétérinaire, Tchepournoï qui aime depuis longtemps Lisa, la sœur de Protassov. Tous sont à la recherche d’un accomplissement et d’une vie meilleure.

Les Enfants de Gorki sont en récession, en faillite et ceux qui devaient prendre la relève s’écroulent. Ils prennent parti mais finissent par se démobiliser. Ils pensent que la science, l’art, l’amour peuvent nous sauver et former une sorte de politique poétique. Si ce n’est pas le choléra qui frappe à nos portes de nos jours, comme chez Gorki, c’est une autre maladie qui nous guette, comme celle décrite par l’artiste Joseph Beuys dans un entretien de 1984 : « J’en arrive aujourd’hui à la conclusion que le foyer de la maladie réside dans l’argent ».

Mardi 18 février à 20h30 + Mercredi 19 février à 19h30 / à L’Atelier

(2 groupes d’environ 20) / Durée : 1h45

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La version de référence du roman, intégrale ! Traduction : Luba Jurgenson.

La version de référence du roman, intégrale ! Traduction : Luba Jurgenson.

Un extrait du roman adapté pour le spectacle : Prologue 2 Oblomov et NarrateurS (c'est une des originalités de cette adaptation que de proposer une vision chorale d'un personnage ou d'une instance, ce qui permet de visualiser la notion même de débat de conscience, de multiplicité intérieure)

Oblomov : Ce jeu perpétuel de petites passions minables... Cette course perpétuelle à tombeau ouvert... Et surtout la rapacité, les crocs-en-jambe qu’on n'arrête pas de se faire... Ces passages en revue de la tête aux pieds... À les voir, les gens, on dirait... Ils ont l’air si profonds, une mine si grave. Mais qu’est-ce qu’on entend : « L’ennui » /// « l’ennui» /// « l’ennui ! »

Mais où est l’homme là dedans ? Où est son entité ? Où s’est-il caché ? Disparu ? Eparpillé en des broutilles ?...

Le monde... La société... On fait exprès de m’y envoyer dans le monde ! Pour m’enlever encore plus l’envie d’y être.

Elle est belle la vie ! Que veux-tu qu’on y cherche ? Des intérêts de l’esprit ? Du cœur ? Mais où est l’axe autour duquel tout ça est en train de tourner ?

Il n’y en a pas, il n’y a rien de vivant, rien qui vous touche.

Tous des cadavres, des gens qui dorment, bien pire que moi, ces gens du monde et de la société !

C’est vrai, ils ne restent pas couchés, ils marchent et courent, toute la journée, d’un coin à l’autre comme des mouches, et ça bourdonne, ça bourdonne. Mais est-ce ce que ce ne sont pas des cadavres ? Est-ce qu’ils ne dorment pas, assis qu’ils sont toute la journée ? En quoi suis-je plus coupable qu’eux quand je reste couché sans m’empoisonner la tête avec leurs discours ? C’est ça des êtres vivants, éveillés ? Ils se rassemblent pour un repas, pour une soirée comme ils vont au travail, sans gaîté, sans chaleur, pas une lueur de sympathie ! Mais qu’est-ce que c’est que cette vie ? Je n’en veux pas, moi. Qu’est-ce que j’y apprendrais, qu’est-ce que je pourrais en retirer ? Qu’ils aillent au diable... Moi, je les laisse tranquilles mais je ne trouve pas qu’ils mènent une vie normale. Non, ce n’est pas une vie normale, c’est une déformation de la vie. Zakhar ! Moi, je reste chez moi, je dois finir mon plan...

NarrateurS : Mais qu’est-ce qu’il y a dedans ? C’est quoi ton plan ?

Oblomov : Rentrer dans mon domaine à Oblomovka.

NarrateurS : Qu’est-ce qui t’en empêche ?

Oblomov : Le plan n’est pas fini, je m’installerai dans une maison neuve, aménagée pour la tranquillité... Le matin, je me lève Il fait un temps splendide, un ciel tout bleu et sans nuage. En attendant que ma femme se réveille, je mets ma robe de chambre et je vais faire un tour au jardin, dont les arômes m’enivrent. Là, le jardinier arrose les fleurs, taille les haies, je compose un bouquet pour ma femme. Après, je me baigne à la rivière et, quand je reviens, sur le balcon, ma femme est là, en chemise de nuit « Le thé est prêt ». Oh, ce baiser ! Je m’installe à la table dans un fauteuil moel- leux : des biscuits, de la crème, du beurre frais... Ensuite, on se promène, tranquillement, comme dans un rêve, sans rien se dire, on compte les minutes de bonheur comme le pouls qui bat. On recherche l’écho d’une émotion dans la nature... La vie comme ça, c’est de la poésie et les hommes passent leur temps à la défigurer. A la cuisine, pendant ce temps-là, ça chauffe... les couteaux claquent... on hache le persil... deux-trois autres amis de confiance arrivent, toujours les mêmes qui portent sur nous des regards bienveillants. On dis- cute, on rigole, un ange passe et l’on n’a pas peur du silence. C’est la plénitude des désirs satisfaits, une méditation de la jouissance... Puis on va dans les champs, on s’allonge sur le foin fraîchement coupé et on somnole. Au loin on entend déjà revenir nos paysans et lorsqu’ils nous aperçoivent, ils nous saluent, portant leur faux sur leur épaule. Mais la nuit tombe déjà, alors on rentre, on repasse à table, puis on écoute de la musique, la Casta diva de Bellini et on se prélasse en écoutant...

NarrateurS: Quoi d’autre ?

Oblomov : Rien, c’est tout. Et toute la vie pareil. Jusqu’aux cheveux blancs, jusqu’à la tombe. C’est ça la vie !

NarrateurS : Non, ce n’est pas la vie. C’est de l’oblomovisme.

-Noir- - Musique -

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Autour d'Oblomlov et de l'oblomovisme

   Le terme d'oblomovisme, que Gontcharov place dans la bouche de Stolz, l'ami fidèle d'Oblomov, qui tente de le "guérir", a été repris par le critique littéraire russe Nikolaï Dobrolioubov qui, à la fin de son article titré "Qu'est-ce que l'obromoverie ?" conclut ainsi :

   « En chacun de nous il y a une bonne part d'Oblomov et il est trop tôt pour prononcer son oraison funèbre. »

   Selon Wikipédia, l'oblomovisme ou encore oblomoverie est un mélange d'apathie, de léthargie, d'inertie, d'engourdissement, de rêverie inactive, qui se manifeste dans l'horreur du travail et de la prise de décision, la procrastination.

   Le terme de "procrastination" est d'ailleurs à la mode, comme en témoigne l'essai de John Perry - un professeur de philosophie (Université de Stanford) non dénué d'humour -  dont vous trouverez la couverture en bas de cet article.

   Le réalisateur russe Nikita Mikhalkov a adapté le roman sous le titre Quelques jours de la vie d'Oblomov (1980, 135 minutes)

 

"Quelques jours de la vie d'Oblomov" dans le volume II consacré à Nikita Mikhalkov chez Agnès b.

"Quelques jours de la vie d'Oblomov" dans le volume II consacré à Nikita Mikhalkov chez Agnès b.

Projet culturel de la CPGE ATS / 2013 - 2014

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